top of page
  • Instagram
  • TikTok
  • X
  • LinkedIn
  • Youtube

Prendre des risques, très peu pour nous?

  • Philippe Labouchère
  • 9 févr.
  • 3 min de lecture

La Suisse face à ses clichés (2/6): deuxième volet de notre série consacrée aux grands traits que l’on prête à la Confédération helvétique, le goût de l’entrepreneuriat. Par Xavier Comtesse et Philippe Labouchère



C’est un cliché qui a la peau dure. Et comme souvent avec les stéréotypes, il repose sur un fond de discours populaire, très réducteur, sans fondements rationnels. Mais on ne va pas aussi se mentir: la culture suisse valorise énormément la prévisibilité et la stabilité. Elle a peur de l’échec. Cependant, il est intéressant de prendre le contre-pied de cette image.


D’abord, le Suisse n’a pas forcément peur du risque, mais il déteste l’impréparation. On préfère investir du temps dans la planification pour minimiser les imprévus. C’est ce qui donne cette impression de lenteur ou de conservatisme. La recherche du compromis implique une gouvernance ayant pour but l’équilibre, ce qui requiert du temps.


La Suisse aime bien se couvrir face au risque. C’est le pays avec le taux de couverture en assurance parmi les plus élevés au monde. Le taux de pénétration (primes en pourcentage du PIB) montre un pays avoisinant les 8% à 9%, le plaçant bien au-dessus de la moyenne de l’OCDE (6,2% en 2024).


Mais ne l’oublions pas non plus: la Suisse est, année après année, classée parmi les pays les plus innovants au monde selon l’indice global de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI).

Si un risque est calculé et qu’il apporte une valeur ajoutée concrète, les Suisses foncent

Xavier Comtesse et Philippe Labouchère


Enfin, le pragmatisme. Si un risque est calculé et qu’il apporte une valeur ajoutée concrète, les Suisses foncent. Mais «prendre un risque pour la beauté du geste? Très peu pour nous!» Une conclusion provisoire pourrait être que le Suisse ne fuit pas le risque: «Il le structure pour mieux le dompter.»


En fait, si l’on regarde bien on pourrait même conclure qu’a contrario, il entreprend. Car par exemple en 2025, 55.654 nouvelles entreprises ont été enregistrées en Suisse. C’est beaucoup. C’est environ 6 entreprises pour mille habitants. C’est presque un record mondial. Et tout le monde le sait: pour entreprendre, il faut prendre des risques!


Le saviez-vous?

La Suisse, avec une population de 9 millions d’habitants, a l’une des densités les plus élevées au monde pour les structures à responsabilité limitée, signe d’un tissu économique de PME très robuste.


La France fait le grand écart: l’Hexagone affiche souvent le chiffre de 1,1 million de créations, mais si l’on retire les microentrepreneurs et les entreprises individuelles, il ne reste qu’environ 280.000 à 300.000 sociétés anonymes (SA) et à responsabilité limitée (Sàrl).

Aux Etats-Unis, il y a l’exception du Delaware. Le chiffre américain est impressionnant en volume brut, mais la comparaison est complexe, car la LLC (Limited Liability Company) est extrêmement souple, parfois plus proche d’une entreprise individuelle améliorée que d’une SA européenne.


L’Allemagne suit un pragmatisme, mais sans résultat. Elle a introduit la UG (mini-GmbH à 1 euro) pour stimuler la création, mais le modèle reste dominé par la GmbH classique avec un capital de 25.000 euros. Le taux par habitant est plus bas, car le pays privilégie la survie à long terme plutôt que le volume de lancements.


Enfin, signalons le Japon. Avec «une seule» création d’entreprise pour mille habitants, l’archipel est à la traîne des pays industrialisés. C’est à la fois pour des raisons culturelles et administratives, mais également en raison de la faible représentativité des étrangers qui se lancent dans l’entrepreneuriat au Japon.


Par Xavier Comtesse et Philippe Labouchère

Association

Manufacture Thinking

+41 79 698 49 58

info@manufacturethinking.ch

Crêt Taconnet 28

2000 Neuchâtel

Bots_Robots.jpeg

Notre dernier livre collectif

BOTS AND ROBOTS - Agents IA & Industrie

© 2024 by Manufacture Thinking.

bottom of page