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IA: Italie et France alimentent la compétition mondiale

Une nouvelle forme d’intelligence artificielle, capable d’autoapprentissage, fait beaucoup parler d’elle. Par Xavier Comtesse, avec Giorgio Pauletto et Pascal Eichenberger



La semaine dernière, la Première ministre italienne a annoncé lancer un fonds d'un milliard d'euros pour créer «une voie italienne de développement» de l'intelligence artificielle.

Ces temps-ci, on parle beaucoup d’AGI («Artificial General Intelligence») dans les capitales mondiales. La semaine dernière, l’Italie et la France ont annoncé leurs volontés de rejoindre la compétition. Tout le monde veut détenir une AGI qui conférerait, semble-t-il, un pouvoir considérable à son détenteur, principalement en raison de sa capacité à apprendre de manière autonome et donc à apporter une valeur ajoutée dans n’importe quel domaine, telles que l’industrie, la finance, la santé, la sécurité nationale et bien d’autres. Cela permettrait à ceux qui contrôlent l’AGI d’influencer et de façonner des aspects majeurs de l’économie et de la société.


Mais qu’est-ce qu’une AGI?


Cela fait référence à une forme d’intelligence artificielle proche ou égale à celle de l’homme. En effet, avec l’apparition des «agents conversationnels» comme ChatGPT, qui non seulement écrivent, traduisent ou résument des centaines de millions de textes chaque jour, on s’est demandé si l’homme n’était pas en train d’être dépassé. Cependant, comparer la machine et l’homme n’est pas la bonne approche dans la mesure où l’on ne sait pas trop bien définir le terme d’intelligence.


Alors choisissons plutôt de parler de systèmes capables d’autoapprentissage. Ainsi, le terme «IA forte» est plus approprié pour décrire une telle intelligence artificielle. Contrairement à l’«IA faible» qui se concentre sur des tâches spécifiques renforcées par l’intervention humaine.

«L’IA forte», dont parle notamment Sam Altman et Elon Musk dans leur récente dispute, est une IA capable de résolution des problèmes complexes dans des contextes variés. La seule manière d’y arriver passe par l’autoapprentissage cumulé pour pouvoir évoluer sans l’intervention humaine. Ce n’est pas impossible puisque Deep Mind l’avait déjà réalisé en 2017, mais limité au seul jeu de go. Souvenez-vous, AlphaGo Zero jouait seul contre elle-même en autoapprentissage, on a fini par stopper l’expérience, faute de comprendre! La question d’avoir une IA plus «générale» est nettement plus compliquée. Mais on s’en approche!


Est-ce que ChatGPT est une AGI?


Un agent conversationnel peut faire partie d’une AGI, mais en soi, il ne représente pas une AGI. Les agents conversationnels, également appelés chatbot ou assistant virtuel sont des programmes informatiques conçus pour converser avec les utilisateurs de manière naturelle.

Pour qu’un agent conversationnel devienne une AGI, il faudrait lui ajouter des capacités d’apprentissage généralisé, de raisonnement, de compréhension et de résolution de problèmes sur une grande variété de tâches. Cela nécessiterait une avancée significative dans le domaine de l’intelligence artificielle pour créer une telle entité. En bref, un agent conversationnel n’est pas une AGI.


Est-ce que Q* est une AGI?


Q* (prononcé Q star) est un projet d’OpenAI qui fait en ce moment sensation dans la communauté technologique. Ce projet, dirigé par le scientifique en chef d’OpenAI, Ilya Sutskever, impliquerait le développement d’un nouveau modèle d’IA capable de résoudre des problèmes mathématiques de base. Une sorte d’AGI en devenir. Bien que les détails sur Q* soient encore rares, son impact potentiel sur le domaine de l’IA est significatif. Si elle est couronnée de succès, le nouveau modèle pourrait être une étape importante vers la réalisation de l’AGI, la capacité des machines à effectuer n’importe quelle tâche intellectuelle qu’un humain peut effectuer. D’où la panique qui s’empare des capitales!


Par Xavier Comtesse, avec Giorgio Pauletto et Pascal Eichenberger


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