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Dans l’innovation numérique, savoir tisser les bons liens

Une nouvelle manière de concevoir l’innovation. Par Xavier Comtesse & Delphine Seitiée



Les clusters d’innovations, depuis celui de la Silicon Valley, sont perçus comme des territoires bien délimités dans lesquels interagissent des entreprises, des start-up, des universités, des centres de recherche et des organismes étatiques de toutes sortes. Le monde entier s’est accroché à cette image. La Suisse romande aussi.


Et si ce modèle était erroné et qu’au contraire ce sont davantage les connexions, même lointaines, qui comptaient?


En Suisse romande, il existe un exemple pour vérifier ce nouveau concept : le digital.


En effet, de nombreuses innovations du numérique ont vu le jour en Suisse: Martin Vetterli et Serge Dayer (premier dépôt de brevet sur la réalité augmentée et la création de la start-up Dartfish); Marc Bürki et Swissquote (première banque en ligne); Didier Guzzoni (start-up Siri Inc., vendue à Apple pour devenir le Siri que l’on connaît); Reto Wyss (dispositif innovant en deep learning de caméra de vision qu’il développe avec la start-up Vidi rachetée par Cognex, leader mondial de la vision industrielle); Andy Yen (CEO de Proton – e-mail sécurisé utilisé par plus de 100 millions de personnes dans le monde); Grégoire Ribordy, inventeur d’ID Quantique (communication cryptoquantique); Boris Siegenthaler (KChat et IA par Infomaniak); Gilles Florey (la start-up de Martigny KeyLemon qui a développé la reconnaissance faciale en 3D, vendue à AMS et qui équipe les iPhone); sans oublier les anciens comme Jean-Daniel Nicoud (inventeur d’un ordinateur de table: le Smaky) qui participera aussi au développement de la souris de Daniel Borel (Logitech); ou encore les incontournables Tim Berners-Lee et Robert Cailliau (qui offrent au monde le Web), et bien d’autres…


Ce qui lie toutes ces innovations ne réside pas tellement dans le territoire, mais bien plus dans leurs connexions au monde. Leur territoire est le monde. Leur première compétence est: connecting the dots (tisser les bons liens), comprendre et connaître le monde et agir sur lui en se connectant à distance. Etre branché en quelque sorte.


Ce que le digital a amené: plus de proximité. Quand vous utilisez des communications effectuées à la vitesse de la lumière, il n’y a plus de distances, plus de territoires, tout est fluide. La fluidité, voilà le terme lancé.

Alors comment réinventer notre territoire dans ce monde digital? La fluidité au cœur des réflexions :


- Fournir des infrastructures favorisant la fluidité, à savoir de très grosses capacités de calcul et des connexions ultrarapides et ultra-fiables pour tous, à l’abri des aléas géopolitiques;


- S’occuper des humains avec une toute nouvelle offre de formation en immersion, en temps réel, sans inscription et gratuite;


- Favoriser le dynamisme et les flux d’ancrage aussi bien au niveau des entreprises que des gens; proposer un territoire accueillant tant à l’arrivée qu’au départ. Voir le territoire comme un aimant qui attire par son dynamisme. Se focaliser sur les flux plutôt que sur les stocks;


- Soutenir des centres de recherche pointus dotés de programmes prioritaires et renforcer la capacité d’accueil de talents étrangers dans nos universités;


- Stimuler la présence de fonds d’investissement en Suisse avec un cadre légal stimulant pour ces acteurs – déjà – fluides;


- Réinventer le concept de neutralité. Etre un territoire où la pensée libre et fluide est encouragée et valorisée par un environnent neutre;


- Et finalement, déployer un storytelling fort sur «Connected-Nation» plutôt que «Start-up Nation». C’est un changement de langage important!


Article publié dans l'AGEFI, par Xavier Comtesse & Delphine Seitiée

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