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IA cherche robot

Si les Gafam et des centaines d’autres start-up proposent des « agents conversationnels », il y a peu d’entreprises capables de les concevoir ou de les fabriquer. Par Xavier Comtesse et Maria Sokhn


Un article disponible dans l'AGEFI : https://agefi.com/actualites/opinions/ia-cherche-robot


«TSMC, représente à elle seule 85% de la production mondiale de puces les plus avancées.»

La course aux puces électroniques s’intensifie avec l’inauguration la semaine dernière d’une nouvelle usine par le géant taïwanais des semi-conducteurs, TSMC, au Japon. Cette expansion vise à répondre à la demande croissante de puces, devenues essentielles pour alimenter l’intelligence artificielle (IA).


En effet, l’IA a besoin de très grande capacité de calcul. Son appétit de données semble insatiable. Il lui faut des puces ultrarapides avec unité graphique. Mais voilà, si tous les Gafam et des centaines d’autres start-up (comme OpenAI) proposent désormais des «agents conversationnels», il y a moins d’entreprises capables de les concevoir (Nvidia, Huawei, AMD, Intel, et deux ou trois autres) et encore beaucoup moins de les fabriquer (TSMC, représente à elle seule 85% de la production mondiale de puces les plus avancées). De plus, il n’existe pratiquement qu’un seul fabricant capable de fabriquer des machines pour fabriquer ces puces (ASML). Ce goulet d’étranglement dans la chaîne de la valeur est problématique.


Géoéconomie versus géopolitique


D’un point de vue de la géoéconomie, cette répartition géographique des donneurs d’ordres et des fabricants ne posent qu’un problème de logistique mais d’un point de vue géopolitique, c’est catastrophique car l’industrie militaire mondiale dépend aujourd’hui de puces venant quasiment d’une seule région: l’île de Taïwan, qui est par ailleurs sous pression chinoise.


Ce n’est bien sûr pas acceptable pour un pays comme les Etats-Unis. C’est la raison pour laquelle de nombreux acteurs s’efforcent de développer des stratégies d’industrialisation pour cette filière. Sauf que cela coûte très, très cher. Sam Altman a parlé de soulever 7T (c’est 7 milliards de milliards!) pour construire une chaîne de valeur complète. Bon, il est un peu dans l’exagération, c’est son style, mais tout de même peu de pays vont pouvoir se payer cette capacité industrielle si importante pour l’avenir et la «richesse des nations».


Pourquoi faut-il penser que les puces sont si importantes?


Et bien parce qu’elles sont le support des applications IA. Par exemple: dans votre téléphone mobile (orientées agents conversationnels), dans votre voiture (plus ou moins autonome), dans votre maison (entièrement domotique) mais aussi au travail, à l’hôpital, à l’école, etc. L’IA envahit tout car elle traite une nouvelle question qui devient centrale: le pouvoir de faire des choix. A travers ce que l’on appelle aujourd’hui des «agents» virtuels comme ChatGPT ou physiques comme Proteus, le chariot autonome qui parcourt les entrepôts d’Amazon.


Ces «agents IA» vont s’installer dans tous les types de robots que ce soient des drones, des voitures autonomes, des bras articulés de l’industrie, des robots chirurgiens, … ou bien sûr des humanoïdes. En fait, la place naturelle de l’IA, c’est le robot. Elle est comme un «Bernard-l’ermite»: besoin d’une coquille pour s’installer que ce soit un ordi, un iPhone, un drone ou un robot.


Des robots intelligents


Environ 4 millions de robots industriels sont aujourd’hui utilisés dans le monde. Ils sont pour la plupart de type déterministe: ils répètent toujours la même tâche. Cependant, l’évolution majeure se situe au niveau des capacités cognitives. En effet, aujourd’hui, très peu de robots sont capables de prendre des décisions autonomes.


Cet enjeu technologique reflète l’importance croissante des puces IA, car ces composants jouent un rôle crucial dans le développement de robots capables d’opérer de manière autonome. Sans surprise le pays qui produit aujourd’hui le plus de robots est le Japon (52%). Notre avenir semble donc se jouer ailleurs: entre la Californie, Taïwan et le Japon!


Par Xavier Comtesse et Maria Sokhn



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