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De la «dark factory» à la «creative factory»

De retour du Japon avec une délégation de l’écosystème horloger neuchâtelois en mission découverte. Par Xavier Comtesse, Delphine Seitiée et Maria Sokhn



Chez Fanuc c’est le robot qui allume un spot de lumière quand il a besoin de voir ce qu’il fait pour sa production.

L’histoire industrielle peut se résumer comme une longue quête du perfectionnement et de l’automatisation des processus de fabrication. Les machines de plus en plus sophistiquées et digitalisées vont permettre d’achever cette quête.


Aujourd’hui déjà, il y a des usines industrielles qui fonctionnent toutes seules pendant des heures voire des jours, sans recours à la lumière artificielle. On les appelle les «dark factories». On vient d’en visiter une chez Casio au Japon. Imaginez-vous: ils ont dû allumer les lumières pour que l’on voit les machines travailler! Chez Fanuc c’est même le robot qui allume un spot de lumière quand il a besoin de voir ce qu’il fait pour sa production.


L’automatisation de ces chaînes de production a été un long processus, étalé sur des décennies avec des améliorations continues, plus ou moins marquantes selon les périodes.

Le digital et le design efficace de machines et de robots ont joué un rôle essentiel ses dernières années. Sans oublier la donnée tellement nécessaire au bon fonctionnement que ce soit au niveau de la gestion, de la logistique ou de la production. Un travail minutieux d’analyse et d’interprétation devenu un incontournable dans l’usine du futur.


Mais l’automatisation va plus loin encore, chez Fanuc on a vu, la semaine passée, des robots qui fabriquent des robots, ils se sont «clonés» devant nos yeux. Drôle d’effet. La machine sait se copier elle-même à l’identique. Heureusement, elle ne change pour l’instant encore rien au modèle proposé. Le design restant le même et les fonctionnalités aussi.


Aussi surprenante qu’intéressante, la logique de production se cale sur la logique du savoir-faire du robot. En d’autres termes, une chaîne de production robotisée est conçue pour le robot, pour sa manière de travailler. Car son savoir-faire diffère de celui de l’homme qui apporte quant à lui une certaine improvisation et créativité.


Une nouvelle créativité


L’étape suivante de l’histoire industrielle a commencé. Une étape très différente de tout ce que l’on a connu jusqu’alors puisque ce n’est plus l’automatisation des processus qui est en jeu mais l’autonomie de ceux-ci. Ce n’est plus la machine qui se «clone» c’est celle qui «donne» naissance à la prochaine. Pour cela il faut de la collaboration intelligente entre machines, robots et homme et surtout l’usage élargi de l’intelligence artificielle (IA) en milieu industriel.


La collaboration amène la résolution du compliqué et l’IA celle du complexe. La «creative factory» ouvrira le chemin vers une nouvelle créativité: d’abord humaine mais aussi enrichie par le savoir-faire autonome des machines, des robots. Une collaboration qui reste encore largement à inventer. L’homme n’a jamais partagé ses tâches créatives avec quiconque. L’innovation de manière générale change de paradigme.


Ces étapes qui nous amènent un peu plus dans un monde de la «science-fiction» qu’il faudra sérieusement appréhender, car demain l’IA sera une machine collaborative à designer l’après-demain.


Un article de Xavier Comtesse, Delphine Seitiée et Maria Sokhn pour l'AGEFI

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